• Interview exclusive de Najat Vallaud-Belkacem

     

     


    Najat Vallaud-Belkacem est porte-parole de François Hollande dans cette campagne présidentielle. Mme Vallaud-Belkacem nous à accordé une interview exclusive, en voici le contenu :
     

    Propos recueillis par A.C et S.L.


    Née au Maroc, vous avez grandi ensuite dans la banlieue d'Amiens dans une famille modeste. Aujourd'hui vous êtes une des espoirs du PS les plus en vue. Quel est le secret de cette formidable ascension de Beni Chiker à Solférino ?

    Mon parcours est l'exemple des potentialités de l'école républicaine. Aujourd'hui particulièrement abîmée par les cinq dernières années, il est temps de lui redonner les moyens de sa mission.

    Vous qui avez été porte parole de Ségolène Royal en 2007 et aujourd'hui de François Hollande, sur quoi pensez-vous que se joue une campagne présidentielle ? 

    La clé d'une campagne, c'est le terrain, la proximité. Avec François Hollande, comme avec Ségolène Royal, je sens une réelle écoute à l'égard des personnes que nous rencontrons. Il faut se servir de ces témoignages, de ces vécus pour alimenter un programme global et cohérent au service de l'intérêt général.



    Entre « Mon ennemi c'est la finance » et les "courbettes" à la City, où se situe vraiment François Hollande vis à vis de du monde de la finance ?


    Il suffit de revenir avec attention sur les deux déclarations pour effacer toute ambivalence. L'ennemi, c'est la finance spéculative ! Celle qui conduit les entreprises à s'engager dans des démarches courtermistes, à amoindrir les capacités industrielles de la France et à jeter au chômage nos ouvriers. Cette finance là, nous devons l'affronter. A côté, il y a une finance de proximité, réelle et au service de l'économie ! Celle là, nous l'accompagnerons.


    Pourquoi autant de petites phrases de part et d'autre des différents camps et pourquoi une telle agitation médiatique autour d'elles ? N'est ce pas dommageable pour la crédibilité du débat démocratique ?

    La droite voit dans ces petites phrases un palliatif au vide sidéral de son programme ! C'est commode, surtout dans un système médiatique qui a tendance à se focaliser sur des phrases, qui, une fois décontextualisées, prennent une toute autre dimension.
    Il nous faut parfois répondre à certaines accusations ubuesques et contre vérités répétées. Mais l'essentiel de notre travail est un travail de propositions et d'explication de notre programme.


    Comment corriger cette dégradation de la qualité du débat dans cette campagne électorale ?

    Il faut, comme nous nous efforçons de le faire, replacer le débat sur le terrain des propositions et confronter le candidat sortant à la gravité de son bilan. Il ne peut pas en échapper. Compte tenu des méthodes du camp d'en face, cela est difficile.


    Un mot sur Decryptage2012 ? ( decryptage2012.eklablog.fr)

    Toutes les initiatives qui portent le débat politique sont les bienvenues. Bravo au site pour sa qualité !



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    Une campagne « inintéressante »

     

     

    Selon un sondage Ipsos-Logica pour France Télévisions, Radio France et Le Monde, diffusé mardi, 65% des français jugent la campagne « pas intéressante ».  65% cela équivaut à deux tiers de nos concitoyens, soit deux français sur trois... Il faut dire que quand on regarde avec du recul ce autour de quoi tournent les débats : viande Halal, petites phrases, salon de l’agriculture, mensonges, écrans de fumées, esquive des questions de fond, trop plein d’agressivité… On se dit que les raisons du désintérêt ne manquent pas. Inquiétant ?
    Décryptage.

    Nous sommes de plus en plus nombreux donc à trouver que cette campagne ne mérite pas (toute) notre attention… Comment en effet être captivé ?

    Premièrement, les faux débats. Que penser de la soi-disant polémique autour de la viande halal qui dure, dure, dure, encore et encore et qui commence réellement à nous insupporter. De plus on se doutait que quelqu’un allait déraper, c’est fait. Merci M. Fillon. Ses propos auraient pu mener à une discussion sérieuse voire intéressante (nous partons du principe que l’on peut débattre de tout sujet), mais pas en pleine campagne puisqu’ils transpirent la phrase à visée électoraliste.

    Deuxièmement, le trop plein d’agressivité (illustré par les petites phrases qu’on ne compte plus) ne masque pas le vide du débat. On se demande où sont passées les questions de fond. Cette campagne ressemble d’avantage à une succession d’écrans de fumée, de tirs à boulets rouges et de polémiques ridicules qu’à une superposition de débats constructifs.

    Troisièmement, les effets de communication ridicules qui sapent  toute crédibilité. Que dire en effet du défilé des candidats lors du salon de l’agriculture ? Soudain tous se disaient les chantres du monde agricole !

    Quatrièmement, les mensonges (avec Le Point du 23 février). On espérait que la crise empêcherait la démagogie…erreur ! Exemple très simple avec l’Economie: aucun organisme sérieux ne donne de prévision de croissance au-delà de 2013. Pourtant aussi bien François Bayrou que François Hollande et Nicolas Sarkozy donnent des prévisions jusqu’en 2016… En oublieraient-ils que la croissance du PIB dépend largement des performances de la zone euro, elles mêmes sensibles à celles de l’économie mondiale.
    A cela s’ajoutent les mensonges par omission, par exagération et provocation. Exemples : Sarkozy qui affirme que Hollande va régulariser tous les sans papiers. Le PS qui tape sur tout ce qu’a fait Sarkozy. Le Pen qui diabolise tout et n’importe quoi. Bayrou qui promet 50 milliards d’euros de hausse d’impôt et 50 milliards de baisses des dépenses, mais seul lui sait où il frappera.
    A ce titre les propos de Sylvie Pierre-Brossolette (chef du service politique du  « Point ») sont flagrants de vérité : « Les français ne sont sans doute pas dupes de ce cirque. C’est pourquoi ils s’apprêtent à voter sans enthousiasme. Le 22 avril, les français craignent manifestement de devoir départager moins des candidats que des illusionnistes ».

    65%  de la population qui juge la campagne inintéressante ce n’est pas rien. C’est même plutôt inquiétant. Car s’ils sont désintéressés de la vie politique, quel sera le comportement électoral de ces français ? L’extrémisme ? L’abstentionnisme ? Ou voteront-ils pour le bord politique auquel ils sont ancrés « par habitude » ?

    Premier élément de réponse le 22 avril…

    Sébastien Leurquin

     


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  • Guéant, simple perroquet de Sarkozy ?


    Sarkozy/Guéant : Même combat !

    Hier soir, lors d'une réunion électorale à Nancy, le ministre préféré des lignes éditoriales a, encore une fois, dérapé. En effet Claude Guéant aurait déclaré "Accepter le vote des étrangers, c'est la porte ouverte au communautarisme. Nous ne voulons pas que les conseillers municipaux étrangers rendent obligatoire la nourriture hallal dans les repas des cantines, ou réglementent les piscines à l'encontre des principes de mixité."

    Dès lors nous assistons à une levée de boucliers et tout le monde y va de sa condamnation. Pour Harlem Désir, les propos de Guéant ne font que "salir la république", Olivier Besancenot, lui, estime que "Claude Guéant est en train de lire un prompteur écrit par Marine Le Pen".

    Cependant Guéant ne serait-il pas devenue le raciste de service ? Est-il vraiment le vilain petit canard raciste de l'UMP ou bien ses propos démontrent le courant de pensée du parti et du clan Sarkozy?

    Et bien les archives démontrent qu'il n'est pas le seul à penser cela à l'UMP. En effet, le président lui même l'a précédé. Quelques jours avant son entrée en campagne, dans un entretien au Figaro Magazine du 11 février 2012, Nicolas Sarkozy déclarait "Si les étrangers extra-européen pouvaient voter en France aujourd'hui, songeons comment risquerait d'évoluer le débat municpal dans telle ou telle commune : faut-il des cantines scolaires halal ? Des piscines réservées au femmes ? Ma réponse est non." (Voir photo)

    Certes la déclaration de Guéant est un demi ton au dessus de celle du Président-Candidat, il parle d' "obligation" au halal quand le président parle du débat municipal, mais le fond est le même. Cependant personne n'a, à l'époque, relevé cette phrase et ne s'en est offusqué. Pourtant le bouc émissaire est le même : L'étranger.

     Anthony Cortes


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  •  Impôts : Revenus au devant de la scène

    Impôts : Revenus au devant de la scène

    Le fond est de retour et nous aussi ! Simple répit ou prise de conscience générale, dans tout les cas les idées resurgissent, les propositions refont parler et grand bien fasse à cette campagne cabossée par les différents accrocs qu'elle aura subi. Aujourd'hui deux propositions font largement débat : la nouvelle tranche d'imposition de François Hollande et le « Travailler plus pour gagner plus » adressé aux enseignants par Nicolas Sarkozy.

    Intéressons nous à la proposition du candidat socialiste. Vous avez tous entendu parler de la fameuse taxation à 75% des revenus de plus d'un millions d'euros annuel : « Marxisation » du Parti Socialiste pour Christian Jacob ou encore "amateurisme" pour le chef de l'état mais qu'est t-il vraiment de cette proposition ? Va-t-on vraiment prélever 75% du revenu de certains particuliers aisés comme le laisse entendre l'intitulé ? Décryptage :

    En France l'impôt sur le revenu est progressif, il n'est pas calculé sur un pourcentage fixe du revenu mais en fonction d'un taux marginal, en fonction d'un barème. Un barème représenté par des tranches : Les 6 088 premier €uros du revenu sont taxés à 0%, les 6058 €uros suivants (de 6 088 à 12 146 €) sont taxés à 5,5%, les 14 829 € suivants (de 12 146 à 29 975€) taxés à 14%, les 45 342€ suivants (de 26 975 à 72 317 €) taxés à 30% et à partir de 72 317€ taxés à 41%.

    Pour rendre ce système de barème plus clair, prenons l'exemple fictif d'un particulier célibataire que nous nommerons Yannick.

    Yannick gagne 1 300 000 €uros annuel, calculons donc le montant de son impôt sur le revenu : Il faut donc décomposer son salaire annuel par tranches : Ses 6 088 premiers €uros ne sont donc pas taxés, les 6 058€ suivants le sont à 5,5% soit 333,19€ de taxes, les 14 829€ suivants le sont à 14% soit une taxe de 2076,06€, les 45 342€ suivants le sont à 30% soit une taxe de 13602,6€ et les 1 227 683 manquants pour compléter son salaire de 1 300 000 € sont taxés à 41% soit une taxe de 503 350,03.

    Au final avec le système actuel d'imposition sur le revenu, Yannick reverse exactement 519 361,88 € à l'état soit 39,95% de son revenu annuel.

    Ce que propose François Hollande c'est la création de deux nouvelles tranches. Premièrement une tranche à partir de 150 000 €uros taxée à 45% puis une autre à partir d'un millions d'€uro, la fameuse, taxée à 75%.

    Dans les faits donc, notre fameux Yannick paierait, en cas d'accession de François Hollande à l’Élysée, 136 000 €uros de plus qu'actuellement. Soit au total 50,4% de son revenu.

    Pour complément d'information, Marine Le Pen propose d'augmenter la tranche taxée à 41% à 46%. Pour François Bayrou elle doit être augmentée à 45%. Jean Luc Mélenchon lui propose 9 tranches supplémentaires de 45% à 100%. Et Nicolas Sarkozy n'a pour l'instant rien proposé sur le sujet.

    Dans tout les cas, patriotisme ou chasse à l’échalote, tout est là pour que vous puissiez en juger vous même.

     

    Anthony Cortes


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  • Ah ces communicants...c’est triste.

     

    C'est triste...

     

    Cette semaine nous sommes entrés en contact avec Sergio Coronado, le directeur de la communication d’Eva Joly. Il nous à accordé une interview. Mais lorsqu’il à découvert ce sur quoi nous voulions l’interroger, il nous a remercié, sans répondre.
    Explication. 

    Le 20 février nous entrons en contact avec M. Coronado. Nous présentons notre blog comme « un site d'actualité, analysée à travers un regard étudiant ». Nous lui proposons une interview (par e-mail). Il accepte. Le 22 nous lui envoyons cinq questions.  Et le 23 au matin nous découvrons que nos questions « ne méritent pas qu’il y réponde ». Un comble de la part de quelqu’un qui gère la communication d’un candidat à l’Elysée.
    Est-ce donc ca être directeur de com. ? Envoyer valser les questions qui portent sur le climat délétère et ras le caniveau de cette campagne 2012 ?

    Evidemment nos questions n’étaient pas des questions « bizounours ». Nous l’interrogions notamment sur ces fameuses (sic) « petites phrases » qui fusent de part et d’autre des différents camps, et sur l’agitation médiatique qu’elles provoquent. Nous voulions comprendre le pourquoi d’une campagne si violente, et le rôle de tous les acteurs (politiques, médias, et citoyens) dans cette violence.

    Nous l’avons aussi interrogé sur les raison qui pourraient expliquer la chute dans les sondages d’Eva Joly. Question stupide certes, car s’il connaissait la réponse on peut supposer qu’il aurait agi pour changer le cours des choses (!) Erreur de notre part ici.

    Plus loin nous lui demandions si l’accord PS-EELV n’avait pas une (grande) influence dans cette défaite annoncée. Cet accord garantit à EELV deux à trois ministères, en cas de victoire de François Hollande, quel que soit le pourcentage de suffrages obtenus. Ainsi certains cadres du parti semblent plus préoccupés par leur sort personnel (obtenir un de ces ministères tant convoités) que par la campagne de Mme Joly.

    Le problème de cette interview ratée réside dans le fait que M. Coronado a reçu nos questions comme une agression. Pourtant (et nous le lui avons expliqué) cela ne se voulait nullement le cas. Nous ne voulions absolument pas jouer aux apprentis journalistes en quête de je ne sais quelle polémique. C’est délibérément que nous posions ces questions « négatives » et « dérangeantes », non pas pour le mettre en difficulté, mais au contraire pour lui permettre de nous détromper, et de détromper nos lecteurs sur l'image qu'ils se font d'Eva Joly au contact des médias classiques. Le but était que les réponses de M. Coronado nous éclairent. Nous comptions décrypter pourquoi les médias donnent une image peu attractive d'Eva Joly, nous voulions avoir un regard différent sur la candidate écologiste et sur sa campagne.
    Echec. Pour le moment. Car nous comptons néanmoins arriver à nos fins…autrement.

    Au dela de l’interview, plusieurs choses nous sont apparues. Nous avons beaucoup réfléchi. Cela explique en partie le long délai entre le précédent article et celui-ci.

    Nous avons déjà souvent dénoncé le climat délétère et les petites phrases ridicules. Ainsi nous sommes d’autant plus interloqués par le refus de réponse de M. Coronado. Ces communicants sont donc à ce point dans leur petit monde de guéguerre électoraliste qu’ils en oublient de prendre le moindre recul ? Pire, ils ne répondent même pas de leurs erreurs !
    La politique du XXIe siècle ressemblera t’elle à cela ? Communicants, mensonges et attaques (ignobles) à répétition ?

    Autre chose de choquant : « les Français ». Nous entendons cette expression à tout bout de champ. Mais ces politiques et les communicants qui écrivent leurs discours, savent ils réellement qui sont ces français qu’ils ne cessent de citer ? Ils parlent en notre nom pour dire tout et son contraire. De plus nous savons très bien que nous allons de toute façon voter pour quelqu’un qui n’aura pas le pouvoir qu’il prétend qu’il aura. Il n’y a qu’à voir les événements récents, les marchés financiers font et défont les Gouvernements.

    Le fossé entre les politiques et les citoyens se creuse… Pas étonnant d’entendre le fameux « tous pourris » quand on entend ces petites phrases et les mensonges de tous camps dans cette campagne…

    Les principaux bénéficiaires ? Les extrémismes…et l’abstention. A n’en pas douter !

    Sauf si la guéguerre excite "les français"…


    Sébastien Leurquin


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  • « Ou est la vérité quand on dit tout et son contraire ? »

    « Ou est la vérité quand on dit tout et son contraire ? »

    Voilà une des phrases clés du second meeting de campagne de Nicolas Sarkozy, phrase destinée à François Hollande pour lui reprocher son contre sens entre le Bourget et Londres.

    En définitif le Président de la République sortant désigne son adversaire comme quelqu'un qui se contredit ou plus communément comme un menteur. Évidemment voilà qui ne fera pas avancer le débat mais si le débat est voué à un niveau digne de la cour de récréation alors suivons le mouvement.

     « C'est celui qui dit qui est »

    Non ne vous inquiétez pas ce n'est pas de cette façon que François Hollande a répondu a son principal concurrent mais cette phrase pourrait être à méditer pour Nicolas Sarkozy, le nouveau petit père des peuples.

    En effet lors de ce même meeting dans la cité phocéenne, ce vecteur de suffrages UMP, le tout nouveau candidat a dégainé, tel un Lucky Luke de la proposition populiste, l'idée d'insérer de la proportionnelle à l'assemblée nationale.

    Cependant le leader de la droite française se déclarait autrefois hostile à la proportionnelle : « Je dis non à la proportionnelle aux législatives », pouvait t-on lire le 25 avril 2007 dans Le Point. ( http://www.lepoint.fr/archives/article.php/180551 ) Avant de faire marche arrière quelques jours plus tard à Bercy lors d'un de ses derniers meetings de campagne le 29 avril 2007 déclarant : « Je m'engage, si je suis élu président de la République, à réunir toutes les forces politiques de la nation et à discuter avec elles de la possibilité d'introduire un peu de proportionnelle au Sénat ou à l'Assemblée Nationale sans créer le risque d'une instabilité qui serait désastreuse. Je veux que chacun se sente  représenté dans la République mais que nous gardions les scrutin majoritaire, clé de la stabilité de la République. » ( http://sites.univ-provence.fr/veronis/Discours2007/transcript.php?n=Sarkozy&p=2007-04-29 )

    Un engagement resté vain.

    Menteur ? En contradiction ? Mais ou est la vérité quand on dit tout et son contraire ?

    Anthony Cortes


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  • Le Tour de France se jouera au sprint !

     

    Le Tour de France se jouera au sprint !

                 Hollande rêve de maillot jaune...                                              ...et Sarkozy tente une ascension difficile


    Que ce soit en cyclisme ou en politique, la grande boucle est réputée pour regrouper à la fois des étapes de plaine, de montage et de contre la montre.  Tous les concurrents ont ainsi une chance de s’illustrer, sur une simple étape ou à l’arrivée. Néanmoins la tradition veut que le Tour se termine au sprint sur les Champs-Elysées. 
    Focus sur l’étape Urnes – Elysée qui possède le profil idéal pour un sprinter, surtout cette année… 

    Après plusieurs mois de course, la dernière ligne droite se profile. Et comme dans la plupart des étapes mythiques une échappée de favoris s’est constituée, composée de François Hollande et Nicolas Sarkozy. A une dizaine de points, les outsiders François Bayrou, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Et loin, très loin, le peloton, et comme lors du Tour de France, la majorité des coureurs le composant sont de quasi inconnus pour le grand public : Philipe Poutou, Nathalie Arthaud, Corine Lepage, Olivier Nihous, Nicolas Dupont-Aignan, Gilles Bourdouleix...pour ne citer qu’eux. A part quelques exceptions (souvent d’anciennes vedettes, proches de la retraite) à l’image d’Eva Joly ou de Dominique de Villepin.
    Les commentateurs sont donc unanimes : au vu de l’avance de l’échappée, le Tour devrait se jouer au sprint entre les deux favoris. 

    François Hollande devance son rival dans les pronostics et il est en tête de l’échappée. Pourtant c’est Nicolas Sarkozy qui est idéalement placé, dans la roue du leader socialiste. En effet, il n’a rien à perdre puisqu’il part de tout en bas (avec une cote de popularité de 30%). Hollande, lui, à peur de la chute. Son intérêt premier est de ne pas perdre. Là est toute la différence entre les deux coureurs : à l’heure actuelle Sarkozy concourt pour gagner, Hollande pour ne pas perdre.

    En repoussant le plus tard possible l’annonce de sa candidature, le président sortant s’est placé dans la roue de son adversaire, il garde ainsi ses chances de le déposer sur la ligne au moment du sprint final. En témoigne la hausse de 3 points dans les sondages pour Sarkozy le lendemain de son apparition dans le 20h de TF1. Le candidat UMP (au contraire de François Hollande) n’a pas peur de choquer, son virage à droite et ses propositions chocs (de référendum sur le droit de vote des étrangers et sur les chômeurs, notamment) ont pour conséquence de créer le débat autour de lui. On parle de lui, il attire l’attention sur lui, et ses propositions sont débattues partout : dans la Presse, dans la rue, en famille, entre amis…

    Le faux pas de Hollande à la City de Londres montre qu’une chute est toujours possible. Néanmoins Hollande ne doit pas se focaliser sur son adversaire s’il veut gagner. Car c’est en ayant trop peur de la chute et en faisant tout pour ne pas perdre qu’il risque justement d’être battu.

    Sarkozy donne de grands coups de pédale. Le sprint final sera indécis. Sarkozy passera t’il Hollande sur la ligne ? Hollande saura t’il maintenir son avance à défaut de l’accroître ? Qui portera le maillot jaune au soir du 6 mai ?

    Sarkozy à choisi l’arrivée au sprint sur les Champs-Elysées. 
    Et sur le Tour de France, lors d’une arrivée au sprint on voit souvent le gagnant rester le plus longtemps possible dans la roue de son adversaire direct, avant de surgir et de le déposer sur la ligne. 
    Sarkozy = Cavendish ? A suivre.

    Sébastien Leurquin


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  • C’est parti !

    Et, hélas, tous les coups sont permis...

     


    Plusieurs évènements cette semaine donnent à penser que le rythme de la course à l’Elysée s’est sensiblement accéléré. Enfin du (vrai) suspense ?

    Lundi soir nous apprenions le retrait de Christine Boutin au profit du président sortant. Les « valeurs pour la France » de Nicolas Sarkozy, présentées ce weekend, sur les thèmes de la famille et de la fin de vie ne donnaient plus lieu d’être à la candidature de la présidente du Parti Chrétien Démocrate.

    Hier c’est Hervé Morin qui à jeté l’éponge et lui aussi appelle à voter UMP. Contesté dans son propre camp et crédité de moins de 1% d’intention de vote, il était en effet plus raisonnable d’en rester là s’il ne voulait pas ruiner son Nouveau Centre. Car pour être remboursé de ses frais de campagne, un candidat doit obtenir au moins 5% des suffrages.

    Avec ces deux désistements en sa faveur, le président sortant rassemble la droite. Les principaux électrons libres restants sont Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République) et Dominique de Villepin (République Solidaire).

    Et nous avons appris hier soir, avec surprise (sic), la candidature (officielle) de Nicolas Sarkozy. Celle-ci semble promettre plus de rythme à cette campagne jusque là décriée pour son faible niveau.
    De plus le président prône un réel débat d’idées contre la critique des personnes.

    Oh qu’il serait beau d’y croire. Mais hélas le politique d’aujourd’hui est souvent un businessman dirigé par une armée de communicants… Sa parole s’adapte au public qu’il a devant lui et n’engage que ceux qui y croient (voir : Entre l’amour et la haine, il y a…l’Eurostar !).

    Donc cela semble mal parti… D’autant plus quand on voit Jean-François Copé et Nadine Morano s’offusquer des propos de François Hollande sur les Roms, on peut se dire que la mauvaise foi est (et sera) toujours bien présente. Ou encore quand on entend les propos de Christian Vanneste, on peut se demander si Nicolas Sarkozy n’a pas été pris à son propre jeu du virage à droite : Guéant et les civilisations, Sarkozy et ses valeurs… ont conduit à Vanneste et son homophobie.

    Dès lors on comprend qu’il sera difficile de ranger la « petite phrase » au placard. Dans notre société, malheureusement, la défense argumentée et construite de réelles idées est bien trop souvent sacrifiée au profit de l’effet « buzz ». Ce buzz qui consiste à déclencher une tempête médiatique autour d’un thème, d’une phrase ou d’un mot. Cette tempête médiatique va jouer le rôle d’écran de fumée sur de réelles questions de fond. Ce sont alors le débat, la transparence et l’idéal démocratique qui partent en fumée, au profit d’un feu d’artifice de polémiques de cour de récréation. (Voir : « la petite phrase » ce pourfendeur de débats)

    De toute façon c’est à nous, citoyens, de juger. Ne portons pas d’intérêt aux polémiques qui n’en valent pas la peine. Réclamons de vrais débats. Car nous aussi avons un rôle à jouer dans cet espéré débat d’idées. Cela demande un travail d’analyse, mais concentrons nous sur les questions de fond. Ne nous arrêtons pas aux simples effets de communication.

    La campagne est lancée. Suspense.

    Sébastien Leurquin


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  • Tout est bon pour l'accession ! 

    Tout est bon pour l'accession !

     S'il y a UNE mesure forte à retenir de la déclaration de candidature du Président-Candidat Nicolas Sarkozy c'est bien celle sur les référendums. En effet le représentant de l'UMP, souhaitant « redonner la parole au peuple », n'hésite pas à brandir cette proposition pour attirer l'élan de la population qu'il a désespérément égaré. Car oui, "N.S", comme il le signe sur les réseaux sociaux, propose tout d'abord deux référendums sur la question du chômage et de l'administration de l'immigration, mais ce n'est pas tout.

    Le candidat propose ensuite, sur le plateau de TF1, un référendum « pour chaque blocage ».

    Nicolas Sarkozy est-il autant à la dérive pour sacrifier le bon équilibre de la France ?

    Il suffit de se remémorer les 5 ans qui nous précèdent pour voir qu'il n'y a pas eu une seule grande réforme qui ne soit passée sans aucune manifestation. Quelque soit la réforme, il y a et aura toujours une certaine résistance et par conséquent des blocages. Il est donc indéniable que dans l'optique proposée aujourd'hui par le berger de l'UMP, bien qu'il ne se nomme pas Michel, nous conduise à rien d'autre qu'un pays paralysé et dépourvu de toute direction.

    Une « France forte » est prônée, c'est en effet le slogan de campagne du candidat sortant pour lutter contre une « France faible » représentée par François Hollande. Mais un état à la merci des mouvements sociaux peut-il vraiment être « fort » ? Le pays serait-il vraiment « protégé »?

    Pourtant, à en écouter Nicolas Sarkozy version 2007, donner la parole au peuple ne représente rien d'autre que la fin de la responsabilité politique : "La démocratie participative ce n'est pas une nouvelle manière d'associer le peuple aux décisions qui le concernent, c'est juste la forme ultime de la démagogie", pouvait t-on lire dans une interview accordé à L'Express en Mars 2007, avant de rajouter : "La démocratie participative, c'est la fin de toute volonté politique, c'est la fin de la politique qui prend ses responsabilités"

    Le candidat UMP, par ses propositions de référendums, serait-il en opposition avec les valeurs qu'il veut mettre en avant ? Responsabilité, lutte contre l'assistanat...

    A moins que ce ne soit qu'une tirade électoraliste servant le rôle de garantie à d'autres abus de mensonges ? Ou bien une preuve que l'accession au pouvoir par tous les moyens est plus importante que le bien du pays ? Mais non voyons, Brice Hortefeux l'a lui même dit : « Nicolas Sarkozy est le candidat du peuple contre celui du système et des puissants ! » Alors... Pourquoi en douter ?

     Anthony Cortes 


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  •  Entre l'amour et la haine, il y a... L'eurostar !

    Entre l'amour et la haine, il y a... L'eurostar !

      Au Bourget, le 22 janvier dernier, l'ennemi de François Hollande était clair, net et précis : Le monde de la finance. Marquant par la même occasion un retour aux sources, un retour aux valeurs propres de la gauche, valeurs que le peuple socialiste entend. Un peuple s'abreuvant de ces paroles, autant enjoué par ces dires que par le concert précédent le meeting de la star Suisse Yannick Noah. Un mois plus tard à la City de Londres, le public devant le candidat Socialiste ayant changé, le discours adopté en suit l'étrange cadence. Il n'est plus question d'ennemi, la finance un si bel ami.

    "La gauche a été au gouvernement pendant 15 ans au cours desquels nous avons libéralisé l'économie, ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. Il n'y a rien à craindre"

     Rien à craindre ? Mais alors ou est donc passé l'ennemi de cette terrible «bataille», qui a « pris le contrôle de l'économie et de nos vies », ce responsable de la crise qui « par son emprise est devenu un empire ». Cette finance qui s'est « affranchie de toute règle, de toute morale... » ...

    « Le changement, c'est maintenant »

     Dans ce même discours, le changement était prôné, le changement de ce « gouvernement en connivence avec les puissants ». Mais « Attention ! » disait le favoris des sondages, « Le changement n'est pas simplement celui d'un président, d'un gouvernement ou d'une majorité. C'est un changement de politique et de dimension qu'il faut offrir... Si la finance est l'adversaire il faut l'affronter, sans faiblesses. » Avant de marteler qu'il faut « Montrer nos armes »

     Comment douter que ces armes n'ont pas été martelées au nez de la finance lors de déclarations à la presse anglaise ? Avec des propos aussi violent que ce « Il n'y a rien à craindre », se disant dans la continuité de Barack Obama et mettant en avant le fait qu'il ne soit « pas très à gauche » en terme de finance... Il est clair que François Hollande affirme plus que jamais sa stature de ferme régulateur. De quoi faire trembler l'ennemi, ce terrible empire de la finance.

    Dans tout les cas, en ces temps de perturbations météorologiques où le vent se fait terriblement sentir, la direction de celui ci est très clair. De gauche à droite. Nicolas Sarkozy, dans le Figaro Magazine, se laissant emporter vers l’extrême droite, Marine Le Pen, dans la peur de perdre ses électeurs, se radicalisant également vers l’extrême extrême droite, et maintenant Hollande se dirigeant vers sa droite... A ce rythme là on comprends bien pourquoi il n'y aurait « plus de communistes en France ».


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  • Pour ou contre le mariage gay ?

    Cette question est, et sera, débattue pendant la campagne. Le candidat N. Sarkozy à donné son avis sur la question. Tour d’horizon des différentes propositions.

     

    Quel est l’avis du Président sortant ?

    Dans l’interview qu’il a donnée au Figaro Magazine et parue ce weekend, le Président se prononce contre le mariage homosexuel : « Je n’y suis pas favorable. Il ouvrirait la porte à l’adoption », « En ces temps troublés où notre société a besoin de repères, je ne crois pas qu’il faille brouiller l’image de cette institution sociale essentielle qu’est le mariage ».

    Dans un pays qui a écrit Egalité dans sa Constitution, le mariage sera encore exclusivement réservé aux personnes hétérosexuelles. Tous les citoyens ne seront donc toujours pas égaux devant le mariage. La position de N. Sarkozy a outré Jean-Louis Borloo qui, au contraire du visage à droite, prônait un virage social.
    Ainsi, sur son site internet, Le Point retranscrit les propos de l’ancien ministre : « Nicolas prend des positions qui vont m'obliger à réagir. Moi, je ne suis pas d'accord », « Que la droite française se ridiculise autant qu'elle s'était ridiculisée sur le Pacs ! Je suis contre la discrimination. L'égalité des hommes est consubstantielle de la laïcité ».

     

    Qu’en disent les autres candidats ?

    Marine Le Pen a déclaré sur France Inter que « le mariage s'effectue entre un homme et une femme », « Je ne pense pas qu'il soit positif de changer cette règle, parce que si on part de ce principe, on peut aller à la limite très loin dans la modification de notre civilisation ». « Pourquoi pas l'autorisation de la polygamie! », a-t-elle poursuivi. "Il existe des familles polygames, pourquoi est-ce que demain un certain nombre de groupes politico-religieux ne demanderaient pas que la polygamie, sous prétexte d'égalité des droits, soit inscrite dans le code civil français?", a-t-elle ajouté. 

    François Bayrou a exprimé son point de vue dans Têtu : « Un mariage, c’est l’union d’un homme et d’une femme ». S’il refuse la dénomination de « mariage » pour les « unions » de même sexe, il est en revanche favorable à ce que « tous les couples qui ont un projet stable, à long terme, de vie en commun et qui veulent que ce projet soit reconnu par la société » possèdent exactement « les mêmes droits et les mêmes devoirs ». Le propos du président du Mouvement démocrate s’appuie sur l’idée que « ce droit aux droits est légitime ». Il estime donc que les « unions » homosexuelles doivent être contractées « dans les mêmes conditions de solennité » que les mariages, c’est-à-dire « devant le maire », et dissoutes « par divorce devant le juge ».

    François Hollande s’engage à ouvrir « pour tous les couples le droit au mariage » et à autoriser « l’adoption pour tous les couples qui présenteront un projet parental cohérent (mariés, pacsés, concubins, homosexuels ou hétérosexuels) ». 

    Jean-Luc Mélenchon propose « Après le PACS, le mariage un droit pour tous ».

     

    Qu’en est-il ailleurs ?

    Aujourd’hui le mariage homosexuel est reconnu dans cinq pays membres de l’UE: les Pays-Bas (depuis 2001), la Belgique (2003), l'Espagne (2005), la Suède (2009) et le Portugal (2010).

     

    A quand le mariage gay en France ?

    Exprimez-vous.
    Nous nous sommes pour.

    Sébastien Leurquin



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  •  Courage, vous avez dit courage ?

    Courage, vous avez dit courage ?

    Hier est parue dans Le Figaro Magazine, l'interview d'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy. 9 pages qui n'ont rien d'un entretien mais tout d'un appel du pied à ses électeurs. Contrat de compétitivité-emplois, hausse de la TVA, pacte de stabilité des dépenses publiques... Tout y est ! Rajoutant même à l'appel deux réflexions sur l'indemnisation des chômeurs et sur la juridiction en matière d'immigration, évoquant même deux possibles référendums.

    Pour Nicolas Sarkozy le système d'indemnisation du chômage « fonctionne mal », car « il ne permet pas suffisamment à un demandeur d'emploi de retrouver un travail ». Pour changer cela, la proposition de l'actuel chef de l'état est simple : L'indemnisation sera donc le fruit d'une rémunération perçue en échange d'une formation de son choix (qui devra tout de même être classée dans dans les secteurs d'avenir et créateurs d'emplois) qu'il aura obligatoirement suivi. A la suite de cette formation, il devra accepter le premier emploi proposé dans le domaine de la formation suivie. Une mesure « qu'il faudra soumettre au jugement direct des Français ».

    Outre les chômeurs, autre mal de la société pour le candidat UMP : L'immigration.
    Non pas qu'il désire soumettre la possibilité du droit de vote des immigrés aux élections locales à un référendum, jugeant que le débat pourrait déraper avec des questions telles que « Faut-il des cantines scolaires hallal », c'est la question de l'administration compétente en matière d'immigration qu'il souhaite poser sur la table. Les divergences entre tribunaux administratifs et judiciaires pouvant être source de confusion.

    Pour rassembler il faut un horizon, un objectif, un ennemi à combattre. Sarkozy, à la dérive dans l'opinion publique, en choisit deux. Rien de bien choquant jusque là car, même si Nicolas Sarkozy souhaite « une forme de révolution », on en est presque habitué.  

    Cependant ce qu'on pourrait juger comme plus déstabilisant se trouve dans ses propos sur l'éducation, étonnamment.

    Nicolas Sarkozy dit souhaiter revaloriser la fonction d'enseignant et améliorer les conditions de travail par différentes propositions qu'il fera en temps voulu, désignant l'éducation comme « un des chantiers les plus importants ». Dans la foulée, le journaliste du Figaro pose la question d'un éventuel référendum sur l'éducation. La réponse est clinquante : « Non, ce serait vu comme un moyen de monter une partie de la société contre le monde de l'éducatif ».

    Monter la population contre les immigrés et les chômeurs oui, contre l'éducatif hors de question !

    Y aurait-il donc des secteurs intouchables et d'autres potentiellement ciblables ? Existe t-il des secteurs qui, en situation de bouc émissaire, rapportent plus de voix qu'ils n'en font perdre ? Les secteurs les plus précaires seraient-ils plus simples à attaquer ? Il ne fait aucun doute que Nicolas Sarkozy, qui était vanté pour son courage par la meute UMP après son intervention télévisée du 29 janvier, mérite amplement ce titre.

     

    Anthony Cortes


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  •  

    La petite phrase, ce pourfendeur de débats

     

    La petite phrase, ce pourfendeur de débats

    Plus que 72 jours avant l'échéance présidentielle, l'ambition et l'horizon de chacun des clivages. Les tendances sont données : Hollande et Sarkozy dans l'échappée de tête, Le Pen et Bayrou en poursuivants et Mélenchon en leader du peloton. Seulement il est inutile de préciser la méfiance qu'il est nécessaire de porter aux sondages comme vu dans un précédent papier, mais, même sans ces machines à orienter l'électorat, on ne peut nier qu'il existe deux favoris et de taille.

    A votre droite, le président sortant, ancien candidat du changement devenu président de l'argent, champion de l'électoralisme et de la polémique-écran-de-fumée : Nicolas Sarkozy !

    A votre gauche, l'outsider socialiste, ex mou et nouvel arrogant, spécialiste dans la technique de l'essuie glace « Gauche - Centre » : François Hollande !

    Ne vous détrompez pas, rien à voir avec un combat de boxe. L'art pugilistique, comparé à une élection présidentielle, fait office de discipline délicieusement pacifique. En témoigne les diverses techniques, attaques et autres manipulations politiciennes dont quiconque a pu être témoin ces derniers temps. Ces manœuvres pour lesquelles, quelque soit son camp, le but est d'abaisser l'adversaire six pieds sous terre en compagnie, bien sûr, du niveau défunt du débat. Cependant dans l'art de la déstabilisation, il y a plusieurs façons de faire. La suivante faisant partie de celles de bas étage.

    A chaque camp son champion ou plutôt sa championne de l'arme favorite du politique primaire moderne : la petite phrase. Pour exemple, côté socialiste, comptons sur la présence de l'exemplaire première secrétaire Martine Aubry avec sa plus belle œuvre : « Quand Nicolas Sarkozy nous donne des leçons de maîtrise budgétaire, c'est un peu M. Madoff qui administre quelques cours de comptabilité ». En face, quelqu'un à qui on ne peut rien envier, la non moins exemplaire, Nadine Morano. Avec une de ses plus belles productions (le choix fut difficile) : « François Hollande est un homme dangereux pour la France ! ».
     

    Un combat de titans qui filerait des complexes à un match entre McEnroe et Borg où les balles seraient des vipères.

    Malheureusement le champ des acteurs de ce petit jeu ne se réduit pas à ces deux protagonistes. La scène politique étant victime de cette société du « Buzz » en 140 caractères dans laquelle il faut marquer ou choquer pour exister. Il ne faut rien de plus pour tuer le débat dans l’œuf. Certes les mots ont toujours été dans l'axe du jeu politique mais plutôt pour le sublimer que pour le mettre à terre. Souvenons nous des débats d'antan, je n'étais certes pas né mais les idées circulaient auréolées de petits tacles, arquant le coup de grâce. A présent ce sont les tacles qui circulent couramment avec une pincée d'idées. La classe politique actuelle prend donc le virage des querelles d’égos ou encore des chamailleries infantiles, c'est tout à son déshonneur. De quoi comprendre le désintérêt des jeunes (ou des moins jeunes) pour la vie politique.

    Mais à quand une bataille d'idées rangée ? Une vraie, une passionnante, une absorbante ! En tout cas pas aujourd'hui, et sûrement pas demain. Mais ne nous inquiétons pas pour l'abstention, le phénomène d'ANTI-Sarkozysme ou d'ANTI-Socialisme est là pour pousser bon nombre de personnes à l'isoloir. Ce préfixe, au même titre que ces petites phrases, véritable bourreau d'argumentations et de débats.

     

    Anthony Cortes

     


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  • Trop de sondages ?

    Chaque jour il en est un qui fait la Une. Dimanche le JDD en publiait un dans l’optique d’une non-présentation de Marine Le Pen. Un grand débat s’en est suivi. Nous même avons donné notre avis (je vous invite à consulter la rubrique « billets satiriques »).

    Nous sommes en permanence abreuvés de chiffres, censés mesurer les tendances de la campagne au jour le jour. Mais nous posons nous la question de l’importance de ces sondages dans les représentations inconscientes collectives?

    Il est un fait dans la société, l’individu agit différemment seul et/ou en groupe. Pourquoi cette remarque ? Parce que les sondages amènent à se poser des questions sur les actes des individus. En effet, qu’elle est l’importance des sondages dans les représentions d’un individu ? Plus simplement, les sondages ne sont ils pas autant le reflet du pouls de la population, que créateurs de tendances. Je m’explique : un individu lambda confronté à un sondage se fait une représentation de l’électorat (supposé). Supposé entre parenthèses car à force d’être bombardés de sondages, nous ne prenons plus le recul nécessaire vis-à-vis d’eux, et prenons pour réelles les tendances dont ils nous informent, oubliant la marge d’erreur inhérente à chaque sondage. Ma question est de savoir si, les sondages n’agissent pas de manière excessive sur le vote de l’individu. Car, pour en revenir à notre individu lambda, si celui-ci voit pendant des mois et des mois François Hollande en tête, votera-t-il pour celui-ci en se disant que de toute façon il sera élu ? Ou par opposition (caractéristique non négligeable de la population française) votera t’il pour le camp politique opposé ? Ou encore votera t’il « utile » comme on dit ? Ou pire, et plus vraisemblable, n’ira-t-il tout simplement pas voter puisque « de toute façon les jeux sont faits » ?

    Ainsi, les sondages sont-ils un instrument de mesure du pouls de la population au fil de la campagne, et informent-ils de tendances réelles ? Ou au contraire, les sondages sont-ils eux-mêmes créateurs de tendances et déterminants du vote des individus en fonction de la représentation de l’électorat qu’ils donnent ?

    Il est difficile d’apporter une réponse tranchée. Car les deux aspects mis en lumière se côtoient certainement. Et d’autres déterminantes des sondages ont surement aussi leur importance. Nous n’apportons pas ici de réponse, mais relatons une interrogation.

    Peut-être serait-il intéressant d’interroger la population.

    Et si nous faisions un…Sondage, sur les Sondages ?

     

    Sébastien Leurquin


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  •  "L'enfer c'est les autres", la perfection c'est l'occident !


     
        Après la maintenant, devenue célèbre, phrase de François Hollande au Bourget "Mon ennemi, c'est le monde de la finance", puis la réponse de François Bayrou "Mon ennemi, c'est le chômage", c'est au tour de Claude Guéant de donner sa version de l'ennemi. Son ennemi, ou plutôt ses ennemis, ce sont les autres. Non pas une référence à Jean Paul Sartre, mais seulement un chauvinisme un peu trop exarcerbé lors de son passage, le 4 février dernier à l'Assemblée nationale, pour une réunion du syndicat "Etudiant Uni". Mais à quoi peut être dû ce sentiment de supériorité et que se masque t-il ? C'est ce que nous allons essayer de creuser.

        Certes l'occident représente, dans l'esprit, la démocratie, la liberté, l'égalité, la richesse économique, sociale et humaine mais dans les actes et dans l'histoire, l'occident est aussi le géniteur de l'esclavage, de l'argent roi et de bon nombre de massacres pour ne citer que ceux la. Alors pourquoi ce sentiment de supériorité, alors que, comme tout les peuples, nous avons des qualités certes, mais tout autant de défauts ?

        Et si la faute n'était pas celle de la civilisation occidentale, mais plutôt de ses voisins ? Etrange affirmation me direz-vous. Certainement une façon de fuir la réalité, rajouterez-vous. Et bien non, c'est très serieux. La supériorité occidentale existerait-elle sans le consentement des autres civilisations ? Il est clair qu'en cherchant, en de nombreux points, à s'occidentaliser, les cultures voisines ne font que participer à l'expansion des normes occidentales dans le monde et à un gavage d'égos général. Les révolutions du printemps Arabes en sont un parfait exemple : Ces peuples, totalement différents sur le plan des valeurs, des règles et de leur moralité, immolent leur identité passée, pour rejoindre le cercle fermé des parfaits occidentaux éclairés par leur grande sagesse. Ces pays là participent d'autant plus à renforcer ce sentiment de supériorité en reprochant aux pays occidentaux, non pas de vouloir les occidentaliser, mais, au contraire, de ne pas leur donner les moyens suffisant pour qu'ils puissent suffisamment s'occidentaliser.

        Cependant on ne peut mettre l'entière faute sur ce raisonement, ce n'est qu'un grain de sable dans le désert que constitue l'immense chauvinisme occidental. L'égocentrique doit son mal à celui qui l'admire mais aussi à certains troubles qui lui sont propres... Fustigeons donc que ce qui est fustigeable : l'intolérance. Cette intolérance dont fait preuve notre ministre de l'intérieur n'a rien a envier à celle de Silvio Berlusconi, ex 1er ministre Italien, qui avait déclaré en septembre 2001 à Berlin : "On ne peut pas mettre sur le même plan toutes les civilisations. Il faut être conscient de notre suprématie, de la supériorité de la civilisation occidentale qui a garanti le respect des droits humains, religieux et politiques, qui n'existent pas dans les pays islamiques". Supériorité sur le respect des droits humains et religieux ? Mais pourtant aucune autre civilisation que celle dite occidentale n'a produit d'holocauste...

        Personnellement, je suis d'avis qu'aucune population ne peut, et ne doit, juger les populations qui lui sont étrangères. Chaques contrées, plus ou moins lointaines, possèdent un language, des connaissances, des croyances et une certaine organisation sociale et politique mais ces caracteristiques varient selon les cultures, et c'est là toute la beauté de la différence. Quelque soit le bord sur lequel quiconque se trouve, il est d'utilité publique et républicaine de ne pas laisser les assassins de la diversité déverser leur venin librement pour quelques suffrages.


    A.C.


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  • « Guéant hiérarchise les civilisations »

     

    Voici la phrase exacte du locataire de la place Beauvau : « Contrairement à ce que dit l'idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas ».

    Toutes les civilisations ne se valeraient donc pas ? Ainsi on pourrait hiérarchiser les civilisations ?

    La gauche dénonce des propos abjects et méprise un ministre de l’intérieur réduit au simple rôle de mégaphone en direction du FN. Pas forcément contestable quand on connait le niveau intellectuel (réel) de Claude Guéant, un technocrate bien trop intelligent pour commettre ce genre de « dérapage incontrôlé ».

    Mais laissons la querelle politique gauche-droite de coté, intéressons nous a ces propos en profondeur. Il ne s’agit pas ici d’un discours partisan orienté politiquement, mais d’une tentative de déconstruction, neutre, de ce que nous prenons pour acquis.

    Car tout d’abord, hiérarchiser les civilisations rappelle un personnage et une page d’histoire peu glorieux du XXe siècle : Hitler et son Reich nazi, bien entendu. Car s’il en est un qui a voulu placer sa civilisation au dessus des autres, c’est bien Hitler. Attention M.Guéant, a trop courir derrière le FN, vous gagnerez certes quelques voix, mais vous en perdrez beaucoup d’autres qui se désolidariseront de cet UMPFN au profit du centre de M. Bayrou. On peut se demander si au nom d’une campagne présidentielle de tels propos peuvent être tenus. Car hiérarchiser les civilisations est contraire aux principes de base de la République : l’Egalité ! Ainsi ne serions nous pas tous égaux ? Chacun méditera la question.

    Néanmoins, personne n’est dupe, ces propos désignent clairement les populations immigrées. Le Gouvernement Sarkozy s’est essayé au jeu de la stigmatisation des Africains (je vous renvoi à son discours de Dakar sur l’Homme africain), des Roms (on a tous en mémoire l’été 2010), puis des Tunisiens (qui allaient soi-disant déferler sur l’Europe lors du printemps arabe)… Et d’autres viendront d’ici au premier tour si cette stratégie de récupération des voix du FN continue.

    Au delà de ces exemples concrets, analysons à présent un fait réel, inconscient, mais bien présent dans les mentalités, et qui mériterait d’être creusé : le sentiment qu’a l’Homme (blanc) occidental de se sentir supérieur et de dénigrer les autres civilisations. Pourquoi cet ethnocentrisme occidental ?

    Ne nous cachons pas derrière le politiquement correct et nommons la, celle qu’il est a la mode de diaboliser : « la civilisation musulmane ». Souvent présentée comme une civilisation d’extrémistes. Bien évidemment que l’extrémisme religieux se condamne. Mais en parlant d’extrémistes, peut-on se sentir supérieur aux extrémistes religieux musulmans (ou autres d’ailleurs) ?  N’oublions nous pas de porter un regard critique sur notre propre civilisation ? Car que dire de l’Eglise Catholique et de son rôle il y a seulement quelques siècles ? N’était-elle pas aussi infâme ? Rappelons-nous des massacres commis au nom de l’Inquisition, du massacre des Indiens, ou encore de la Traite des Noirs légitimée par cette même Eglise…

    Finalement, aussi bien M.Guéant que les Talibans ne feraient qu’illustrer les méfaits de l’ethnocentrisme, de l’intolérance, de l’extrémisme, et du refus d’avancer vers l’autre...Qui, hélas, se répètent au fil des siècles et partout à travers le monde…


    Sébastien Leurquin


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